Corps de nuit

Ce lit solitaire

Attend l’allongement

De mon corps

Son abandon

À la douceur des draps

 

Jouer avec mes images

Entre chacune

Une goutte de sueur

Il faut du courage

Pour laisser tomber 

Mon corps

Sur cet objet à quatre pieds

 

Tout perdre en dormant

La passion de la vie

Ses attrayantes méchancetés 

Son désir sans besoin

 

Le cordon d’amour

Qui me suit

Me commande

D’exister pour moi

 

Orteils en pause

Aux bouts des pieds

Ils attendent la consigne

Ils se regardent

En frémissant 

 Le repos les aime

 

Tomber sur mon oreiller

Tout effacer

Repartir à zéro 

Ni vu ni connu

 

Je préfère l’oreiller

Mon confident     

De malheur

Que de porter                         

Plainte

 

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