Poétesses vos ombres sanglotantes
Se jettent à ma poursuite
De très loin vous revient ma bouteille de vie
Flottant sur la mer pourrie
Par le sommeil de la douleur
Poétesses
Je sème des clous trompeurs
Truffés de feintes horreurs
Ma chansonnette du tout perdu
Cherche revanche avec la charrue
quand
monte l’alouette dans la soie du vide mondial.
Abandonnée au berceau, j’erre engrossée par les vestiges de mes autres vies
Je n’ hériterai de rien dans le futur
Mes glorieuses aventures
Seront partagés avec mes vainqueurs
Restera le souvenir carré de leur douceur
Je trempe mes mains jointes
Dans le sable enivré par l’amour que chérit
L’âme féminine
décorant la lune en cercle vert
j’empile des briques rouges dorées par le soleil d’encore hier
Et l’eau sombre du cachot du monde m’appelle
dans un tourbillon d’enfer.
Poétesses suivez-moi dans ma nuit
digitale
pour que
chaque pétale
accroche votre espoir de renaître
