Le sel de la mer
est entré dans tes yeux …
Et moi j’errais sans but
loin de mon corps d’attache
accroché à mes rêves
d’enfant inassouvis .
Le ciel était profond
comme un soupir d’adulte
ayant trop navigué
sur des mers inconnues …
Et moi j’errais sans fin
aux horizons perdus
où le soleil s’épuise
à épouser les vagues
sans espoir de retour
de son brûlant amour .
Le sable s’obstinait
à compter tous mes pas …
Le sel de la mer
a brillé dans tes yeux …
Et moi le pèlerin
arpentant cette grève
qui ruisselait d’audace
en éclairs inouïs
et moi le pèlerin
d’une foi sans frontière
et d’un dieu presque humain
j’ai aperçu tes yeux
qui scrutaient le rivage
jusque vers l’infini .
Ils avaient la couleur
des soucis disparus
la transparence extrême
d’un diamant purifié
et la douceur fragile
d’une heureuse journée …
Je me suis arrêté
aux pieds de ton corps nu
à la fois si confiant
et pourtant étranger.
Mais le sel de ta vie
est entré dans mes yeux …
Et je compris alors
dans la clameur des mouettes
qui escortaient rieuses
tes pensées indiscrètes
combien tu m’attendais
combien tu me souhaitais …
Alors tout simplement
oubliant mes péchés
et mes craintes mortelles
je dépouillai mon corps
de tous ses oripeaux
pour m’allonger dans l’ombre
sereine et bienveillante
de ton plaisir immense .
J’ai caressé tes formes
et embrassé tes mains
Et le sel de ma vie
est entré dans tes yeux.
