Amendes poétiques

Vous avez manifesté et manifestez encore une insensibilité à la poésie à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Vous êtes condamné-e-s à l’amende suivante : lire les poèmes ci-dessous et les diffuser autour de vous :

 

 

Agent poète Michel Angel (double peine)

 

 

Dans la tempête

Et dans le vent

L’oiseau perdu

Cherche sa route,

Sous le nuage

L’averse égoutte,

Je pense à son nid

Caché sous la voûte.

Dans la tempête

Et dans le vent

L’oiseau cherche

Sa voie.

 

 

 

JOUR DE MARCHÉ

 

 

Sous un parasol jaune

Le camelot fait sa postiche.

Les badauds font cercle

Autour de son ban.

 

Éberlués par sa jactance

De ce truculent griot

Les passants placotent.

 

Ohé ! braves gens,

Venez découvrir

Mon hachoir.

 

Son bagou est immense,

Il est très volubile

Avec son accent de Provence.

 

Des voix admiratives s’élèvent.

Des estivants dubitatifs

Susurrent leurs doutes.

 

 

 

Agent poète Brigitte Briatte

 

 

! FANTAISIES !

 

Je mets deux l à « abeille, coccinelle, hirondelle » ;

sinon elles ne pourraient pas voler sans leurs deux ailes.

 

Avec « huluberlu »

quand l’un hulule

« holala » à mes lolos,

embrouillamini ! et cela donne « huberlulu » !

Puis j’imagine Hubert

qui a la berlue.

Alors là, rien ne va plus.

 

Pour ne pas oublier deux f à « souffrir,

je pense à « baffe » ou à « soufflet ».

Breff, à ce qui me tape sur les nerffs.

 

 

 

Agent poète J.J. Mazet dit MADIA (double peine)

 

 

La ville a tout organisé

On dort les uns sur les autres

On mange les uns sur les autres,

On fait l’amour les uns sur les autres

On se lave les uns sur les autres

Les voitures circulent les unes derrière les autres

Les piétons les uns derrière les autres

Au restaurant on mange les uns à coté des autres

Au cinéma on attend les uns derrière les autres

On regarde le film les uns derrière les autres

Aux mots croisés on croise verticale horizontale

Au jeu de dame c’est devant, de coté, en biais

Voila de quoi égayer un ami anarchiste très urbain

Qui adore le désordre

Y compris à l’apéritif, au bistrot, où il descend, les uns derrière

les autres, des rhums « Che Guevara».

 

 

 

Crève

 

Au pied des HLM

S’affale la pauvreté

Éclosent les trafics de rêve

Se cultive l’ennui

D’une Jeunesse mitée

Aux rêves en désespoirs,

Où la violence est perspective

D’une mort rédemptrice

Dans un rôle de héros

Dans le plus petit des mondes

Violés par les intérêts

De l’ambition totalitaire

Au pied des HLM

Tu es « mort »

Tué par l’indifférence

Des regards détournés,

Ta vie s’écoule

Hémorragie hémophile

Dans la négligence de tous,

Où l’ignorance est solution

Meure cette jeunesse

 

Est-ce l’épilogue …!?

 

 

 

Agent poète Margueritte C. 

 

 

Quand des ailes déposent 

sur tes épaules

le balbutiement de mes espoirs

le rêve d’un amour me hante 

 

me reviennent les sous-bois

de son désir planté dans 

ma chair comme

l’arbre sur la roche escarpée 

les feuilles d’un chêne grimaçaient la chanson de

la fontaine et mon 

amour flétri pleurait

la romance dévoyée 

 

quand tes ailes déposent 

sur mes épaules la douceur

de ton ardeur

me revient le langage

de nos premiers aveux

 

aime-moi

encore

 

 

Agent poète Marie-Odile Néau

 

 

 

Lorsqu’on est un nomade immobile

 

Qu’on se gare en épis ou en file

 

En dépit du bon sens faut qu’ça file

 

 

 

 

 

 

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