Il faudra me croiser en ce décor sans visage,
Des tables vides brodent l’été
Les grappins du soleil desquament les jambes nues
Gonflent les lèvres des amants
De lourds fruits cancéreux.
Seul un rire d’enfant
Teinte de bleu le ciel
Et puis la voiture s’éloigne
On dirait une éclipse, un ciel soudain noir,
Doigt Soutine, jalon des départs,
Attaché au caillebotis, le chien,
Les vagues avec leur bruit, ce vent
Passionné d’arbres mugissants,
Un moi sans visage arpente ce décor figé
Et puis, lorsque se tait le vent,
Laisser l’inutile détecteur de rêves
Sur le sable…
