Estomper les jours

Telle un nuage qui naît et meurt sous mes yeux,

je dérive où je ne suis pas encore.

Appels lancés dans la lumière des vents,

écho de l’insaisissable temps dans l’attente brûlante,

emplie au grenier des désirs.

 

Hors de l’architecture qui a structuré la démarche initiale,

du tracé illusionniste, les miroirs une fois émiettés,

les papiers de soie tout chiffonnés, je vole à ciel ouvert

dans un cache-cache présent et camouflé.

 

Je suis là, immobile et fuyante

au goutte à goutte du silence,

une et multiple.

 

L’essentiel invisible.

 

Affranchissement du minéral noir d’encre,

des approches stériles et des couleurs de l’ombre.

 

J’ai tissé mon cocon

entre lames de bambous entrelacées de fins cordages,

légèreté, vue aérienne, vue épurée de la gravité.

Étonnant flottement où s’élabore une harmonie,

une offrande à toute aube naissante,

cocon de l’apesanteur,

métamorphose en oiseau du ciel

qui vogue entre plein et vide.

 

Soleil d’après l’orage,

je vibre et fleuris en étincelles multicolores,

m’ouvrant aux possibles d’un tourbillon fascinant.

De la matière devenue lourde est née la lumière,

clair de jour, clair de nuit,

clair de vie.

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