La porte verte

La porte verte

 

Elle était verte

La porte en haut de l’escalier

Au fond du pallier,

Un écriteau : « Sonnez avant d’entrer »

Mais la sonnette était cassée.

 

« Bonjour, bonsoir »

Disait la grand-mère,

Petite souris grisonnante

Lorsqu’elle croisait un voisin,

Un hochement de tête furtif

Pui elle disparaissait derrière la porte verte,

Garant de son intimité

Un tour de clef,

Sécurité assurée.

 

Ce jour-là, elle était entr’ouverte

La porte verte,

Laissait passer un rayon de lumière

Sur le paillasson usé,

 

Laissait filtrer une impression de mystère,

Celui des maisons qui ont un passé.

Un courant d’air inopiné,

Des pas menus précipités,

Un bruit de chute

La porte a claqué.

 

Plus jamais elle ne l’a ouverte

La porte verte.

 

Et lorsqu’on l’a emmenée,

Lorsque les ambulanciers ont refermé la porte,

Une dernière fois elle l’a regardé

La porte verte

Tout au fond du pallier.

 

 

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