Seuls les mots de la mort
Ne sont pas illusoires,
Les autres ne sont que des îles
Qui vieillissent et puis
S’abandonnent
Pour aller retrouver
Le fond de la mer.
Ces mots, mirages que le cri du poète
Voudrait sauver de la noyade.
L’oiseau passe trop vite,
Son sillage est fumée
D’un feu qui aurait consumé
Ces vérités que l’on devrait savoir
Trop éphémères,
Dont on ne reçoit que l’écho.
Quand se rompt du violon
La dernière corde,
Que l’horloge invente des heures
De bien après minuit,
Seuls les mots qui demeurent
Ne sont pas illusoires,
Peut-être saura-t-on alors,
Peut-être le poète comprendra-t-il alors
Pourquoi il a dû rire,
Pourquoi il a pu pleurer.
