Poème breton

Le poème

Course de korrigans

Dénouant le bleu de la bruyère

Terre pelée de brume

Sur quoi vagit la mer.

Dire sa nudité sur

Les lèvres du granite,

Les mots que profèrent les mâts

Lorsque les embrasse le vent.

Vents noirs flagellant les genêts

Et puis, venue d’Irlande,

La chanson de la harpe

Pour apaiser un trop de nostalgie,

Les grandes roues brassant

Les haleines des boues,

Sous les jougs des falaises

L’ajonc griffant sous la paupière

L’empreinte d’une étoile,

Et le barde entonnant

Le chant de la mort des marins.

Sur les tourbes, l’écho

Lointain de voix de fées

Les oriflammes des pardons

Et dans le brouillard, chaque coiffe

De dentelle ou bigouden

Est un cierge que l’on allume…

L’enclume des fronts lourds

Garde au secret des runes

La mémoire des vagues,

La morsure du vent…

 

 

 

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