Trembler

Ce tremblement léger qui vient mâcher les heures,

L’écorce du bouleau, flocons blancs s’évadant

Du berceau de l’aubier

Eveillée l’horloge raconte

L’infini goutte à goutte

Des légendes du temps

L’homme prostré au soir de ses mini séismes

Les cerneaux qui s’en vont sur les mers de ses larmes

Les grilles de prison qu’ont forgé ses amours,

Le vent buvant ses sueurs au bout de nuits trop longues

Brise froissant le lin des feuillages des trembles

Feuilles qui sont des mains qui se cherchent éperdues,

Veines qui veulent boire aux hanaps des soleils

Aurait-il tort celui qui pour ne pas trembler

Brandit un poing ferme ?

Où, guerroyant, ces bras qui gardent prisonnier

Ce qui n’est que mirage ?

Je ne le saurai pas

Je saurai seulement

Le Salve Regina de cette main qui tremble

Sa prière hésitante

La supplique de doigts cherchant à inventer

Les courbes de tes lèvres.

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