Rencontre du 1er septembre

Pour cette rencontre de rentrée, merveille, nous étions onze, huit adhérents et trois non membres dont l’une, Marie Hélène, nous a lu des textes de son cru fort beaux.

Après la distribution de la revue n° 89-90 à ceux qui ne l’avaient pas eue, Martine nous a lu un texte de Ludovic Janvier intitulé « Doucement avec l’ange » :

Doucement avec l’ange

Pense à tes grimaces de fou entre tes murs

à ta passion d’enfant puni pour le rien faire

à la honte de ton nom la honte de parler

à tes hurlements de rage en direction du monde

à tes longs pets les soirs de contrariété

au désespoir de jamais réussir à être toi

à tous ces ratés queue en main bel étonné

aux hommes évalués d’un sale oeil tout rancune

 à ton envie quelquefois de mordre en pleine chair

à tes sursauts de peur au moindre bruit dans le silence

à tes adieux de lâche aux femmes abandonnées

à tes injures en secret vers les contradicteurs

aux bestioles massacrées à tes coups de pied au chien

à tes stations devant la glace en murmurant pauvre con

alors doucement avec l’ange hein doucement

Doucement avec l’ange

Editions Gallimard (L’Arbalète), 1981

Serge lit ensuite deux textes que Brigitte Charnier alias Margueritte Cèdre lui a fait parvenir :

Texte de Marie Odile :

Textes de Martine Cribier :

Petit intermède musical offert par Pascal avec une chanson d’Yves Paganelli « Jean des Cévennes » et une de Frédérik Mey « Les lumières se sont éteintes ».

Textes de Pascal Gilles :

Prince des poètes
(sonnet)
A Arthur Rimbaud…


Tu parcourais le monde comme un doux chenapan,
Toujours par les chemins tu usais tes souliers,
Chapardant des cerises, tout comme un écolier,
Tu ne voulais grandir, merveilleux Peter Pan ;


Consciencieux orpailleur, tu rimais en arpents
Des pépites de vers aux innombrables pieds,
Tu narguais la morale, bien souvent estropiée,
Mais tes mots étaient beaux, ocellés comme un paon ;


Tu voyais l’avenir en songes lumineux
Aux humeurs de ton cœur, quelquefois capricieux,
En poèmes brûlants, brandis au ciel ardent


Pour muer le banal, le triste et le sordide,
Les images jaunies d’un pays décadent
En soleils flamboyants, en aurores splendides…


Pascal GILLES
Bonneville, le 28 août 2026

Texte de Serge Campagna :

Vous avez pu lire ici les textes qui m’ont été envoyés par certains participants à la rencontre, je suis désolé que vous ne puissiez pas vous nourrir des autres textes proposés ce soir-là.

Au mois prochain…

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